Gévaudan..les Chastel
Extrait du site FRANCE SECRET
Nous allons nous rendre compte que les Chastel eurent un rôle capital dans l’histoire de la Bête du Gévaudan .
Au lendemain de la grande chasse du 11 février, il était arrivé quelque chose de curieux. Cela se passait à Auvers, très près de l’endroit où la bête devait être tuée.
Monsieur de la Védrine y avait une verrerie ; une de ces fameuses verreries de la Margeride.
Son valet fendait du bois, un peu à l’écart du bâtiment, lorsque, venant à lui, il aperçut la Bête.
Aux cris, Monsieur de la Védrine était sorti avec son fusil. La Bête, qui avançait à grands pas, avait semblé comprendre .Si promptement qu’elle s’était reculée à soixante pas, lorsque le gentilhomme lui avait tiré dessus.
Le coup avait dû lui casser la jambe de derrière. Maître et valet l’avaient poursuivie dans le bois. Ils avaient trouvé du sang sur la neige, mais il y avait du brouillard et la nuit tombait.
Monsieur de la Védrine avait appris ensuite que des hommes du pays, les Chastel, ayant rencontré la Bête, avaient remarqué qu’elle n’allait que sur trois jambes.
Jean Chastel, le père, celui qui tuera un jour la Bête, était né au village de Darnes, s’était marié à la Besseyre-Sainte–Marie, et il y demeurait. Il était cabaretier, cultivateur, un des principaux habitants de l’endroit.
Ses deux fils étaient gardes-forestiers dans les bois de la Teynazeyre.
Sur le cadet, Antoine , des bruits couraient. Il avait vécu chez les huguenots du Vivarais, hanté les galériens de Toulon, été pris par les pirates d’Alger qui avaient fait de lui un valet de ménagerie, chargé de nourrir et d’apprivoiser les bêtes féroces. Peut-être aussi un castrat, et, le forçant de mettre le pied sur un crucifix, un renégat.
Evadé ou racheté, il était revenu au pays. Son père n’avait pas tué le veau gras.
Lui, qui ne pouvait sans doute plus prendre femme, était allé vivre en sauvage dans les cabanes au milieu des bois, sur le mont Mouchet. Des endroits perdus de solitude, impossibles, faits pour l’écureuil et le blaireau. Antoine Chastel s’y était réfugié tel un sauvage, un vrai loup-garou avec quelques mâtins aussi farouches que des loups.
Les autorités les interrogèrent sur le rapport de Monsieur de la Védrine. Ils répondirent que ce rapport n’était pas fidèle, qu’ils n’étaient pas allés a la chasse le mercredi : il faisait trop mauvais temps et ils n’avaient pas vu la Bête.
Pendant ce temps, elle dévora un enfant à Penaveyre, un autre à la Chapelle-Laurent, et attaqua une fille à l’Estival.
On redoublait d’efforts pour la détruire avant l’été où les blés lui serviraient de protection et de retraite, alors qui oserait mener les troupeaux à la pâture ?
C’est alors que le Roi décida d’envoyer en Gévaudan le sieur Denneval meilleur louvetier du royaume.