Un avant goût du dossier sur le choléra de 1832
Un avant gout du dossier sur l'épidémie de choléra en France
Texte et illustration proposés par Danièle-Alice DANIEL et Patrick GEOFFROY
La ville de Clamecy, située aux confins du département de la Nièvre et de l'Yonne, fait alors commerce de bois par le système du « flottage ». Beaucoup de « compagnon de rivière » appelés aussi « flotteurs » font donc régulièrement le transport du bois du Morvan jusque Paris, puis s'en reviennent par un même chemin, à pied ou en carriole, logeant la Seine et l'Yonne. Les épidémies déclarées à Paris ne mettent donc que peu de temps à arriver à Melun, puis Sens, Auxerre puis enfin Clamecy, par ce vecteur humain.
Un mois après le constat de l'apparition du choléra à Paris, le 3 mai 1832, décédait à Clamecy le premier d'une longue liste. C'était un jardinier du quartier du Choulot (aux environs de la Chapelle St Roch) il s'appelait Denis GUIDOUX, portait le surnom de « Le Blond ». Il fut atteint à son retour d'un voyage qu'il avait fait du côté de Coulanges sur Yonne (limite Yonne et Nièvre) au nord de la ville de Clamecy.
Les premiers symptômes s'étaient manifestés le mercredi 2 dans l'après-midi et le jardinier décédait le jeudi 3 à 6 heures du matin. Son entourage prétendit que sa mort avait été causée par une indigestion. L'autopsie du défunt fut cependant ordonnée. Il s'agissait bien du choléra.
Pendant les 3 jours qui suivirent ce premier décès aucun cas nouveau ne se manifesta.
Dès lors, chaque jour des mois de mai et juin 1832 [à l'exception des 23, 27 et 28 mai, et des 9, 12 et 30 juin] les décès vont se succéder avec une intensité variable : le maximum, 11 décès, est atteint dès les premiers jours [le 10 mai] ; puis la courbe devient descendante jusqu'à 3 [le 17 mai], à 2 [le 20 mai], à 1 seul décès [le 21 mai], pour remonter soudain à 7 décès [le 24 mai] puis redescendre de nouveau, à 3, puis 2 et aucun décès vers la fin du mois pour lequel on totalise 100 morts en mai, imputables au choléra.
En juin, la situation de fin mai se maintient dans les premiers jours, puis on observe une oscillation quasi régulière, 4, 2 ou 3 décès jusqu'au 26 juin, où se produit une remontée brusque à 9 décès, mais c'est le dernier éclat de l'épidémie qui va à partir de ce moment, aller en s'atténuant jusqu'à complète disparition.
Juin enregistre 91 décès, juillet seulement 21 et août 4, à Paris, le mal de prendra fin que fin du mois de septembre.